La vigne et la cave aujourd'hui
Le millésime 2011 est dans la cave !
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Enfin le calme après la tempête. Une tempête qui aura duré 6 mois et qui a mis nos vignerons à rude épreuve tant sur le plan physique que sur le plan moral. Au départ, 2011 est une année très précoce ; encore plus précoce que 2007. Sous l'influence d'un printemps hors normes, les vignes débourrent mi-mars et la végétation galopante entraîne notre équipe dans une course infernale contre le temps. Le liage, l'ébourgeonnage, le palissage, toutes ces opérations délicates se succèdent ou s'alternent dans un rythme effréné qui met le corps à rude épreuve et nous donne l'impression de ne jamais pouvoir y arriver. La floraison a lieu mi-mai, un mois plus tôt que la moyenne, et nous nous voyons déjà tous vendanger au 15 août. S'en suit alors une longue période de canicule. Le mois de juin est chaud, très chaud, et trop sec ! Les vignes souffrent, les vignerons aussi et demeurent impuissants devant le flétrissement et le dessèchement de nombreuses jeunes grappes de raisin. La récolte ne sera pas grosse ! Le mois de juillet, quant à lui, rendra définitivement fous les plus fragiles d'entre nous. Au début, tout le monde est heureux : il pleut ! Mais peut-être avions-nous trop prié pour cette pluie salvatrice, car une fois commencée, elle n'a jamais voulu s'arrêter. Rapidement, une végétation luxuriante s'empare de nos rangs de vigne alors que des conditions ultra favorables à la pourriture s'installent sur le vignoble. Naturellement, le sol détrempé ne permet pas le moindre griffage et le début de maturation nous interdit tout traitement. Il faut attendre... De toute façon, il est grand temps de mettre en bouteilles le Grand Vin 2009. Ceci nous redonne du baume au cœur tant la satisfaction est grande d'embouteiller ce millésime exceptionnel. A la deuxième semaine d'août, les conditions climatiques redeviennent plus clémentes, et nous permettent enfin d'intervenir mécaniquement sur l'herbe devenue envahissante. Les vignes seront propres pour les vendanges. Nous avons beaucoup de chance car l'état sanitaire reste très satisfaisant. Petit à petit, les raisins deviennent noirs et de délicieux arômes apparaissent lors de la dégustation des baies. Les acidités sont parfaites, les tanins à point, les pépins ne sont plus amers et prennent une couleur brune. Le premier coup de sécateur sera pour le lundi 29 août. Certes la récolte est peu abondante, mais le raisin est superbe. Alors qu'un peu partout dans le vignoble on parle de gros foyers de pourriture grise, la vendange du clos nous arrive dans un état proche de la perfection. Evidemment, les critères de tri sont aussi stricts que les années précédentes, mais il en résulte très peu de déchets à la fin de la journée. Les billes noires sortant de l'égrappoir sont d'une telle qualité que nous ne pouvons nous empêcher de faire l'analogie avec du caviar. Après toutes les difficultés de l'année, ces vendanges 2011 commencent donc dans une ambiance euphorique ! Après la première semaine de macération, les cuvées développent de magnifiques arômes de fruits rouges. Les nez sont électriques, très exubérants et plein de finesse, la couleur sort avec une incroyable facilité. Au cours de la deuxième et troisième semaine, alors que nous commençons les pigeages, une très jolie trame tanique commence à se profiler. Toujours aussi aromatiques, après chaque intervention les vins montrent des tanins savoureux mais serrés. Une belle charpente commence à apparaître et nous pouvons désormais imaginer la grande qualité du millésime que nous sommes en train de vinifier. Après la quatrième semaine « d'infusion » et suite à quelques rares mais judicieux pigeages, les vins commencent vraiment à se transformer. Et cette métamorphose est fascinante ! Les cuvées prennent énormément de rondeur et d'ampleur. Les tanins, jusqu'alors un peu durs, deviennent veloutés et nous sommes plutôt surpris par toute cette douceur, cette longueur et cette volupté. Le nez fruité est toujours là mais s'est complexifié et devient épicé. Le stress retombe, et fait place à présent à une grande fierté. 2011 s'annonce comme un nouveau grand Château de Pommard, dans la lignée directe des ses aînés. Plutôt aérien comme 2007, mais avec la structure de 2008, ce ne sera pas un 2009, mais aura sans doute la classe de 2010. Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui, avant même ses deux ans d'élevage, il est déjà très bon. |

